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L’HOMME MAROCAIN : DE LA PAROLE PROVERBIALE À LA REPRÉSENTATION SOCIALE
Hamid JAAFAR; Touria LACHHAB
Hamid JAAFAR; Touria LACHHAB
L’HOMME MAROCAIN : DE LA PAROLE PROVERBIALE À LA REPRÉSENTATION SOCIALE
Al-Andalus Magreb, vol. 26, n° 1, pp. 1-13, 2019
Universidad de Cádiz
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Résumé: Nous souhaitons examiner, sous une forme proverbiale, des qualificatifs accordés au Marocain par la concitoyenne marocaine. Attributs qui circulent lors de la rencontre des femmes sur des scènes variées. Depuis longtemps, ce territoire masculin exploré discrètement par la femme, à l’aide des proverbes, nous mène à des interrogations : Quelle image porte la femme à l’égard de l’homme ? Et pourquoi de tels proverbes, d’ordre familial, physique et même péjoratif, sont collés à l’homme ?

Mots clés: Arabe marocain,Proverbe,Culture,Dictionnaire.

Abstract: «The Moroccan man: from the proverb to the social representation». Using the “proverbial” approach, we try to examine vocabulary related to qualifiers used to describe Moroccan men by their fellow country-women. These attributes keep circulating whenever women meet in different situations. For a long time, this male territory, discreetly explored by women by means of proverbs, leads us to raise the following questions: what image do women have towards men? And why such proverbs (physical, familial or even pejorative) are stuck to men?

Keywords: Moroccan Arabic, Proverb, Culture, Dictionary.

ملخص: «الرجل المغربي بين المثل والصورة المجتمعية». نود أن ندرس من خلال الأمثال المغربية، الصفات التي تمنحها المواطنة المغربية للمواطن المغربي. سمات تتداولها النساء خلال اجتماعاتهن. لفترة طويلة وباستخدام الأمثال، يقودنا هذا الفضاء الذكوري المستكشف بحكمة من طرف النساء، إلى الأسئلة التالية: ماهي الصورة التي تحملها المرأة المغربية تجاه الرجل؟ ولماذا تلحق بالرجل مثل هذه الأمثال ذات الصبغة الأسرية والجسدية والتي تصل أحيانا إلى التحقير؟

الكلمات المفتاحية: العربية, الدّارجة المغربية, الأمثال, الثقافة، القاموس.

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Artículos

L’HOMME MAROCAIN : DE LA PAROLE PROVERBIALE À LA REPRÉSENTATION SOCIALE

Hamid JAAFAR
Faculté polydisciplinaire, Safi, Marruecos
Touria LACHHAB
Faculté polydisciplinaire, Safi, Marruecos
Al-Andalus Magreb
Universidad de Cádiz, España
ISSN-e: 2660-7697
Périodicité: Anual
vol. 26, n° 1, 2019


0. Introduction

Le présent travail complète notre présentation au VI Congrès International de l’Arabe Marocain, organisé à l’Université Autonome de Madrid en 2016. Ainsi, nous essayons dans la présente contribution de dénicher, sous une forme parémiologique, les représentations mentales fournies par la femme marocaine et attribuées à son concitoyen, à travers des représentations culturelles incrustées dans la parole proverbiale. En collectant notre corpus, nous avons constaté que, malgré l’évolution et le changement culturel, le proverbe a cette particularité de préserver le droit de bien garder le patrimoine hérité et transmis, soit par écrit, soit de bouche à oreille, entre toutes les générations.

1. L’analyse thématique des proverbes
1.1. La vie familiale

Ces proverbes reflètent le complexe vécu et véhiculé sous forme d’un héritage d’une génération à génération.




Dans la société marocaine, l’homme donne son nom à ses enfants, travaille pour subvenir aux besoins de sa famille.

En effet, la vie conjugale partagée entre l’homme et la femme est peinte par plusieurs proverbes qui, parfois, dictent des ordres et parfois critiquent les deux protagonistes à savoir le mari et son épouse.

Le proverbe ṭ-ṭallab yaṭleb u mrat-u tṣaddaq «le mendiant mendie et sa femme en distribue». L’homme dans la famille marocaine est le responsable qui travaille pour subvenir aux besoins de sa famille.

La femme marocaine, comme jadis, était une femme de foyer, cherche à enjoliver son paraître devant sa famille en distribuant des dons parfois sans permission de son mari qui a tellement souffert pour épargner une somme d’argent.

1.2. Les apparences sont parfois trompeuses

Nous avons recensé les proverbes qui contiennent les significations ayant pour thème, les apparences. Les proverbes cités dans le tableau ci-dessous décrivent, soit directement, soit métaphoriquement, le paraitre de l’homme dans la société.




Ces proverbes présentent un champ lexical qui converge vers le paraitre de l’homme dans la société. Prenons l’exemple : al-mzawwaq man berra aŝ xbarak men l-daxal «ô le décoré de l’extérieur ! Quelles sont tes nouvelles de l’intérieur ?». Apparence décorée, intérieur détérioré. Lamzawwaq : celui qui est décoré de l’extérieur, il reflète une lumière qui n’est pas la sienne. Il est un simple récepteur. Il ne peut être ni générateur, ni source de lumière à son tour ; c’est pourquoi la deuxième séquence du proverbe renvoie à une antithèse, xbarak men d-daxel : tes nouvelles de l’intérieur, cette séquence proverbiale souligne l’espace enfermé par l’interlocuteur à qui le proverbe est adressé.

1.3. L’homme et le négoce

L’homme est un être qui vit en société, il est impliqué dans un système des échanges, gouverné par ses besoins qui se diffèrent en dépendance des moments, des âges, de lieux, et aussi de ses désirs psychologiques. Dans la liste ci-dessous nous avons collecté un ensemble de proverbes qui traitent l’homme, le négoce et le commerce.




Nous remarquons que les proverbes ont une force illocutoire qui donne directement un ordre. Les verbes sont conjugués à l’impératif, prenons les exemples suivants : ɛamel-ni bḥal xuk u ḥasab-ni ḥsab ɛdu-k «traite-moi comme ton frère ! Mais, dans le négoce, comme ton adversaire» ; εallem weld-ek t-tijara la tεalm-u l-ijara «enseigne à ton fils le commerce et non pas qu’il devient un salarier ». L’acte de négoce, dans les proverbes en arabe marocain, s’accomplit par des verbes et des expressions, à l’instar de : acheter, vendre, traiter, se lever tôt, enseigner, penser, le commerce, le négoce.

1.4. L’ironie et la moquerie

L’arabe marocain se présente comme un système linguistique riche de construction métaphorique. Dans ce sens, nous avons collecté et classé dans le tableau ci-dessous, les proverbes qui ont pour thème l’ironie et la moquerie.




La moquerie est l’un des traits répandu dans la littérature proverbiale. Elle a pour objectif de faire éclaircir une situation floue. l-fqih l-li netsann-aw barakt-u dxal el j-jameɛ bi bleġt-u « le fqih (théologien) de qui on attend la bénédiction, est entré à la mosquée, babouches aux pieds ». Ce proverbe sera énoncé lorsqu’une personne nous décoit. Par respect à la mosquée, comme lieu de sainteté et de prière, la personne qui veut entrer dans une mosquée doit ôter d’abord ses chaussures.

1.5. La patience

La patience est une faculté psychologique qui nous permet de résister face aux impulsions sexuelles, de supporter les maux, de persévérer sans relâcher dans un travail dur, de continuer à vivre et d’aimer la vie et le monde à la fois.




b lsan rṭeb jmel ka yakul ŝ-ŝuk « avec sa douce langue, le chameau mange le cactus ». Le sens métaphorique consiste à transférer le sens du chameau à l’homme, la douceur de sa langue à celle des paroles humaines. Mais quelles sont les représentations symboliques du chameau ? Le chameau est un animal mammifère adaptable au climat sec, il était, et il l’est toujours, un moyen de transport pour les caravanes dans le désert.

1.6. La cupidité et la satisfaction

La cupidité est définie dans le dictionnaire informatisé par : « désir violent et immodéré de jouir (de quelque chose), de posséder (quelque chose). Cupidité des honneurs, des satisfactions sensuelles ; cupidité amoureuse ».




maḥed ṭ-ṭammaɛ ḥaḍer l-kaddab ma-xaṣṣu xer « tant que l’envieux est là, le menteur ne chôme pas ». L’homme cupide a le caractère du désir immodéré et insatiable à s’enrichir à tout prix, car il prévoit que l’honneur, la satisfaction sensuelle et amoureuse s’attachent à la possession des richesses et des biens des autres. Le menteur est un homme intelligent, a le savoir de construire un monde linguistique apte à tromper le cupide par la vraisemblance introduite habilement dans le discours, dans ses gestes et dans son paraitre.

1.7. L’amitié ou la philanthropie

La sociabilité est un trait commun à toutes les créatures. La sociabilité comprend l’amitié qui est un rapport interactionnel entre deux individus, un groupe des personnes, des groupes sociaux, et même entre les nations.

L’amitié est le fait d’accepter la différence de l’autre et de garder une distance relative qui permet la clairvoyance utile pour une meilleure vision. Se distancier du miroir pour mieux voir. Or l’amitié, de point de vue sociologique, est fondée sur l’intérêt, la religion, la vertu, l’éthique et le sport. « [selon] Aristote, l'ami vertueux, […] est le seul qui permet à un homme de progresser car l'ami vertueux est en réalité le miroir dans lequel il est possible de se voir tel que l'on est. »(« Amitié » - Wikipédia », 2016)




ila kan ṣaḥb-ek εsal la-tlaḥs-uš kamel « si ton ami est du miel (ami vertueux) ne le lèche pas entièrement ». La métaphore qui condense la vertu du bon ami au miel est suivie d’une requête exprimée par une force illocutoire qui donne un acte directif afin d’amener le destinataire à changer son comportement. Le fait de dire « ne le lèche pas » renvoie au comportement animalier. L’attribution du miel à l’ami prouve qu’il a une richesse au niveau de la sagesse, la morale, la compréhension de l’autre et l’hospitalité. Chevalier dans son dictionnaire des symboles décrit le miel comme : « un faste symbole de richesse, de complétude et surtout de douceur » (Chevalier & Gheerbrant 1982: 632).

1.8. L’oisiveté vs le travail.

Les personnes se distinguent souvent selon la valeur de leur activité laborieuse. D’où, on a un homme persévérant, travailleur, paresseux et oisif.




l-li ṣab r-raḥa fi qallet l-εqal aš ġaydir bi leεqal « qui se sent bien dans son handicap cervelle, que va-t-il faire de la sagesse ? ». Dans la culture marocaine, on prononce ce proverbe quand le destinataire satisfait des conditions par exemple : il y a du travail, mais lui est oisif, paresseux. En plus il se montre comme ignorant, fou ou comme quelqu’un privé du raisonnement. Et pourtant, il se sent bien.

1.9. L’ingratitude

Elle est un simple domaine cognitif où on range les traits de la solitude et la non-reconnaissance. Pour les sociologues, elle fragilise les liens de l’amitié, elle est un virus qui détruit la personnalité de l’individu.

La solitude est la première séquence de l’ingratitude, car celui qui sait remercier n’est jamais seul, par contre l’ingrat est celui qui pense que personne ne mérite un merci.




Nakkar l-ɛašra la tɛatb-u la tkɛlm-u xalli zman yɛalm-u « ne reprochez rien à l’ingrat ! Laissez-le au temps qui l’éduque ! ». L’ingrat est égoïste, solitaire, il n’est pas béni par ses parents, et il faut s’éloigner de lui pour éviter d’être contaminer par ses idées. Sa compétence logique lui permet d’établir un lien entre ses connaissances : l’ingrat a des certitudes solides ; personne ne peut le convaincre, à part le temps. En plus la description du patient [nakkar l-ɛaŝra], dévoile que l’ingrat a des certitudes innombrables.

1.10. L’éducation

Il est facile de confondre enseignement et éducation. Enseigner c’est transmettre des connaissances, de valeurs communes de la culture. L’éducation subsume tous les niveaux (religieux, moral, social, psychique, scientifique, technique, médical, commercial…) qui sont à la base de la formation d’un individu. Enseigner est donc éduquer, mais éduquer n'est pas forcément enseigner, en fait L’éducation développe les facultés, mais ne les crée pas.




l-li ma-haz la-qlem la-dwaya ma-mεawwal εla qraya « ne peut rien apprendre celui qui n’a ni calame ni encrier sur lui », dans Le Petit Robert, sous l’entrée, Calame, « Didact. Roseau taillé dont les Anciens se servaient pour écrire » (Rey et al. 2016). dwia est un encrier, petit récipient où on met l’encre.

En effet, le diagramme ci-dessous représente le degré de la présence de chaque thème dans notre corpus.




Alors comment peut-on expliquer cette présence asymétrique ? Pour répondre à cette question nous avançons les hypothèses suivantes :

  • a) Ce bilan est dû au recensement par hasard, par le questionnement des gens souvent des adultes.

    b) Ce résultat a un rapport direct avec les changements que connait la vie sociale.

    c) Puisque les proverbes relèvent et véhiculent la sagesse, l’excès du nombre de formules d’un thème par rapport aux autres ne s’explique que par la diversité sociolinguistique et la conceptualisation.

    d) Ce contenu ou le thème est unique alors que les formes (signifiants) se multiplient en dépendance de la multiplicité des activités humaines.

Le diagramme ci-dessous présente les pourcentages :




Le diagramme nous aide à suggérer que la quantité des proverbes dans le thème de la moquerie s’explique par la nature psychique du Marocain qui a l’aspect humoristique. L’ironie dit le contraire de ce qui est proféré. Elle déclenche le rire, le propre de l’homme. Elle parait la meilleure façon pour communiquer un message. En outre, L’homme, dans la société marocaine, fait le négoce et cherche à subvenir aux besoins de sa famille. À force des contacts et confrontations avec les gens dans les marchés, ses échanges contribuent, avec le temps, à emprunter et à proverbialiser des expressions.

La vie est pleine de difficultés, soit dans la famille, soit dans la macro-société d’où l’existence des problèmes inter-relationnels « homme : femme, parents, amis… ». Ainsi, on a un pourcentage assez important de 11% pour chacun des thèmes suivants : La patience, la vie familiale, l’oisiveté et le travail. Or les expressions proverbiales qui traitent les thèmes de l’ingratitude, la cupidité, la philanthropie, ne dépassent pas 7%. Nous pouvons supposer que l’écart quantitatif entre les thèmes dépend de la multiplicité des activités et les situations quotidiennes.

Cela étant, le proverbe a pour objet d’éduquer, d’enseigner et d’instruire, il est la parole de la collectivité, son auteur est anonyme, il est une loi. Puisque l’objet de notre présentation est l’homme marocain, nous déduisons que l’identité de l’homme marocain est le recto de sa mémoire.

2. Epilogue

Le proverbe n’est pas seulement une simple construction lapidaire, rimée, rythmée et facile à retenir, mais c’est une expression figée caractérisée par la conventionalité : il est stable et commun à une communauté linguistique. Souvent il dénote un sens notionnel totalement différent du sens littéral produit par la composition des significations de ses mot-formes.

Le proverbe marocain est une expression figée formant un seul bloc pour dénoter une vérité, expérience, et un fait commun à une culture d’une région donnée, ou par extension d’un peuple tout entier.

Il est utilisé dans une forme orale, d’un parler quotidien qui permet l’accès à toutes les personnes d’une communauté linguistique. Il est le contenant de la sagesse évaluée par la société. Alors d’où vient ce trait pertinent ?

Plusieurs civilisations ont peint et enrichi le paysage sociolinguistique du Maroc. Le Maroc devient un territoire plurilingue par excellence. La confrontation entre ces langues, tout en affectant la forme, enrichit le contenu.

Ferdinand De Saussure souligne que la langue subsume toutes les représentations codées et partagée par la société. La langue, comme fait social, véhicule une masse de normes et de valeurs sous formes d’expressions figées dites proverbes. Ce phénomène pose la problématique suivante : dans quelle mesure et par quels moyens sommes-nous amenés à reconnaitre des faux proverbes ? Quelle sincérité apporte la construction proverbiale ?

***
Matériel supplémentaire
Information additionnelle

BIBLID: [1133-8571] 26 (2019) 04.1-13.

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* E-mail: jaafarhamid1973@gmail.com
* E-mail: lachhabt@yahoo.fr




































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